CLub de l'Histoire de l'Anesthésie et de la Réanimation

Les Aphorismes d’Hippocrate

du point de vue de l’anesthésiste et du réanimateur

Hippocrate

date de publication : septembre 2002

Edité par : Méquignon-Marvis
  mise en ligne : dimanche 16 mars 2008


Les "Aphorismes d’Hippocrate" ont été considérés jusqu’au XIXe siècle comme une "bible" de la médecine…

L’important en ce temps n’était pas de faire un diagnostic mais de faire un pronostic en observant le patient.

Quelques uns de ses aphorismes décrivaient des " pronostics fatals ". Ceux-ci nous permettent de mesurer les limites de la médecine allant de cette époque au XIXe. Le développement de la médecine depuis deux siècles et la réanimation les ont rendu heureusement obsolètes.

En voici quelques uns tirés d’une traduction du Dr. E. Pariset (éditée en 1806 par Méquignon-Marvis, 9 rue de l’Ecole de Médecine Paris).

L’orthographe de l’édition 1806 est respectée dans les citations. Afin de faciliter la lecture de certains aphorismes, nous donnons la définition de certains mots d’après "Le dictionnaire portatif de médecine, d’anatomie, de chirurgie, de pharmacie, de chymie, d’histoire naturelle, de botanique et de physique" de J. Fr. Lavoisien édité par Didot Le Jeune à Saint Augustin en 1771.


Aux plus grands maux, les plus grands remèdes.

N’est ce pas une définition simple de la réanimation ?
Section I-6
Le sommeil et la veille excessifs, sont l’un et l’autre de mauvais augure. Section II-3
Des hommes suffoqués ou frappés de résolution, sans être morts, ne reviennent point, s’ils ont eu de l’écume aux lèvres. Section II-43
Si deux douleurs éclatent à la fois dans des lieux différens, la plus forte obscurcit la plus foible. Section II-46
Au début de toute maladie, quelle qu’elle soit, les déjections ou les vomissements d’atrabile sont mortels. Section IV-22
Dans les sujets exténués par maladies aiguës ou chroniques, par des blessures ou autrement, les évacuations d’atrabile, ou de matières semblables à du sang noir annoncent la mort pour le jour suivant. Section IV-23
La dysenterie causée par l’atrabile est mortelle. Section IV-24
L’évacuation du sang par les voies supérieures, quel qu’il soit, est mauvaise : mais les déjections d’un sang noir peuvent être avantageuses. Section IV-25
Si, dans une fièvre, le cou se renverse subitement, et que la déglutition soit à peine possible, sans qu’il y ait tumeur, le cas est mortel. Section IV-35
Les sueurs froides, dans une fièvre aiguë, annoncent la mort ; dans un fièvre plus douce , la longueur de la maladie. Section IV-37
Dans les fièvres continues, les extrémités froides et les parties internes brûlantes, avec de la soif, sont un signe mortel. Section IV-48
Dans une fièvre continue, le renversement de la lèvre, du sourcil, de l’œil, du nez, l’abolition de la vue, de l’ouïe, le corps étant très affoibli, chacun de ces signes indique une mort très-prochaine. Section IV-49
Dans une fièvre continue, la difficulté de respirer et le délire sont mortels. Section IV-50
Dans la fièvre ardente, le frisson qui survient est critique. Section IV-58
La jaunisse qui survient dans les fièvres, avant le septième jour, est mauvaise. Section IV-62
La convulsion produite par l’ellébore est mortelle. Section V-1
La convulsion à la suite d’une blessure est mortelle. Section V-2
La convulsion ou le hoquet après une grande hémorragie, est très-grave. Section V-3
La convulsion ou le hoquet après une purgation immodérée, est mauvais. Section V-4
Un homme ivre qui perd tout à coup la parole, meurt dans les convulsion, à moins qu’il ne soit pris de fièvre, ou qu’à l’heure où doit cesser l’ivresse, il ne recouvre la parole. Section V-5
Ceux qui sont pris de tétanos meurent en quatre jours ; s’ils passent ce terme ils guérissent. Section V-6
Les crachements d’un sang écumeux viennent des poumons. Section V-13
Le froid donne des convulsion, le tétanos, des taches livides, des frissons fébriles. Section V-17
Lorsqu’en pleine santé on est tout à coup pris de douleur de tête avec aphonie subite et ronflement, on meurt dans l’espace de sept jours, à moins que la fièvre ne s’allume. Section V-51
Dans les maladies aiguës avec fièvre, une respiration luctueuse est mauvaise. Section VI-54
Dans les maladies aiguës le refroidissement des extrémités est mauvais. Section VII-1
L’hémorragie qui va jusqu’au délire et à la convulsion, est très-dangereuse. Section VII-9
Le vomissement, le hoquet, la convulsion ou le délire dans l’iléus le rendent très-grave. Section VII-10
Il est mauvais qu’après un coup sur la tête, vienne la stupeur ou le délire. Section VII-14
L’insomnie suivie de convulsion ou de délire, est mauvaise. Section VII-18
Les blessures des os (du crâne) produisent le délire, si elles sont pénétrantes. Section VII-24
Les fortes commotions du cerveau, quelle qu’en soit la cause, ôtent sur-le-champ l’usage de la voix. Section VII-58
Le refroidissement et la convulsion du testicule droit sont un signe mortel. Section VIII-11
Les ongles noirs, les doigts des pieds et des mains froids, contractés, ou relâchés, annoncent une mort prochain Section VIII-12
Les lèvres livides, paralysées, renversées, froides, sont un signe mortel. Section VIII-13
Les oreilles froides, transparentes, contractées, sont un signe mortel. Section VIII-14
Des vertiges ténébreux, l’horreur de la lumière, un profond sommeil, et une chaleur brûlante, ne laissent aucune espérance. Section VIII-15
Celui qui entre en fureur, qui ne reconnoît personne, n’entend plus, ne comprend plus, approche de sa fin. Section VIII-16