Histoire Anesthésie et Réanimation
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Tu enfanteras dans la souffrance

The Cry and the Covenant

par Thompson Morton

Date de rédaction : 1959
Edité par : Presses de la Cité
Numérisé par : CHAR

Presse de la Cité, 1959, p. 209 Morton Morton William Thomas Green Morton

1819-1868

Dentiste américain
THOMPSON. Discussion entre Semmelweis et Bartch

...... Mais il y aura toujours de la fièvre puerpérale, la femme enfantera toujours dans la douleur...Et la douleur.. la douleur.., me rappelle quelque chose. Avez-vous entendu parler de l’éther éther On attribue à l’alchimiste Raymond Lulle la découverte du produit en 1275, bien qu’aucune preuve de cette époque ne l’atteste.  ?
- J’ai été très occupé...
- Hé bien, il semble que la vogue s’en répande connue un feu follet. Quelques bouffées, et, d’après ce que l’on raconte, la patiente est morte au monde, ne sent rien, vous pouvez la découper en lanières , au moment où elle reviendra à elle, elle vous demandera si vous avez l’intention de commencer bientôt.
- L’Ether ? Juste l’éther éther On attribue à l’alchimiste Raymond Lulle la découverte du produit en 1275, bien qu’aucune preuve de cette époque ne l’atteste. ordinaire ? Celui dont on donne à boire une cuillerée à café dans un demi-verre d’eau pour apaiser les maux de tête et calmer les spasmes.
- Ce même éther. Un Américain est tombé là-dessus par hasard. Au lieu d’en mettre 15 ou 20 gouttes dans le verre d’eau que nous octroyons au malade - et nous n’avons guère fait plus que je sache - il met l’éther largement sous le nez du patient, lui en fait sentir et respirer, et voilà l’autre complètement insensible, inconscient.
- C’est incroyable ! Etes-vous sûr ? II doit y avoir quelque écueil..
- Non. Aucun. Les Américains s’en servent tous, les Anglais s’y sont mis, les Français en sont coiffés, et il n’y a que peu de mois qu’on l’a découvert, A Londre, le grand Simpson Simpson l’emploie pour les femmes en travail. Quelques bouffées, et elles ne sentent plus les douleurs. Cela va permettre un développement formidable de la chirurgie
- Non. ce n’est as possible
- Si ! C’est,
- Mais il nous en faut I Mais nous devons essayer demain. Cela signifie la fin des souffrances de tant de pauvres créatures
- Pourtant il y a eu quelques morts sous l’éther.
- Aha !
- Et c’est encore nouveau.
- Nouveau, c’est vrai nouveau... Alors n’y pensons plus. C’est réglé d’avance. Je m’entends dire :

- Professeur Klein, je vous apporte un remède nouveau. Les plus grands médecins du monde l’utilisent. Et je l’entends, lui :
- Nouveau, avez-vous dit ? Nouveau, docteur Semmelweis ? Et vous dites vous-même qu’elles en meurent Mais voilà votre réponse, docteur Semmelweis, elles meurent bien suffisamment comme cela !... Cela soulage la douleur ? Et bien, et après ? Qu’est-ce, en somme, que la douleur ? Les femmes ne meurent pas parce qu’elles soufrent.

Non, Bartsch. . Perdons l’espoir de nous servir de cet auxiliaire là. Ce qui est nouveau n’est pas pour nous.

Et, plus accablé d’avoir connu cette minute de folle espérance. il quitta Bartsch et rentra chez lui d’un pas trainant.

Date de publication : lundi 10 mars 2008 - Dernière modification : mardi 29 mars 2011