CLub de l'Histoire de l'Anesthésie et de la Réanimation

A history of the discovery of the application of nitrous oxide gas, ether and other vapors to the surgical operations.

Wells Horace

date de publication : 1847

Présentation rédigée par Cazalaà Jean-Bernard

Edité par : J.Gaylord Wells
Numérisé par : Google
  mise en ligne : samedi 12 février 2011


La demande de reconnaissance de la priorité de découverte de l’anesthésie.

La bataille de la priorité de la découverte de l’anesthésie s’est fait à Paris et aux USA. Paris étant considéré à cette époque, comme la capitale mondiale de la science. Ainsi les Académies de médecine et des Sciences devinrent les arbitres de cette priorité. Jackson attaqua le premier, puis Wells et enfin Morton.

Horace Wells first book
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Voici le document anglais que Wells envoya à l’Académie des Sciences. Son argumentaire, relativement bon est intéressant à lire. Ce document parvenu secondairement a été précédé d’une lettre aux deux académies. Voici le compte-rendu de l’Académie des Sciences quand elle reçut la demande de Wells.


Séance du 8 mars 1847 - PHYSIOLOGIE

Réclamation de priorité relative à l’ emploi de l’éther administré par les voies de la respiration, pour suspendre la sensibilité chez les individus destinés à subir des opérations chirurgicales. [Extrait d’une Lettre de M. WELLS, chirurgien dentiste à -Hartford (Connecticut).]


" ... Guidé par diverses considérations, et entre autres par celles que suggère l’observation des individus enivrés au moyen des liqueurs alcooliques, je commençai, dès le mois de noven1hre t844, à faire des expériences sur moi-même. Après avoir inhalé le gaz protoxyde d’azote et la vapeur d’éther sulfurique, je ne tardai pas à me convaincre que ces deux substances produisaient des effets identiques sur l’économie animale, agissant d’abord comme, puis comme sédatifs, et enfin amenant, lorsqu’on prolongeait suffisamment leur action, une insensibilité complète. Je me décidai à me soumettre à l’extraction d’une dent ; cette opération fut faite sans que je ressentisse la moindre douleur. Je la pratiquai à mon tour douze ou quinze fois sur d’autres personnes, et j’obtins les mêmes résultats. Je me rendis alors à Boston (au mois de décembre 1844), afin de faire •connaître ma découverte à la Faculté : je la communiquai alors à MM. les docteurs Warren, Hayward, Jackson et Morton. Sur•l’invitation expresse du docteur Warren, je fis une leçon à la classe d’élèves, en essayant d’établir les faits dont l’existence m’était déjà attestée. Les élèves se montrèrent fort sceptiques sur l’exactitude de ma découverte, et la première expérience n’ayant pas réussi, par l’éloignement trop précipité de l’appareil à inhalation, la curiosité que ma découverte avait excitée se refroidit, et nul ne songea plus à m’encourager.
« Je fis alors une maladie qui dura plusieurs mois, et après mon rétablissement, voyant que la Faculté de Boston ne m’accordait plus aucun encouragement, je me bornai à faire les opérations dans mon cabinet. Jusqu’au mois de février 1845, je pratiquai l’avulsion des dents à vingt-cinq malades sans qu’ils ressentissent de douleur ; toutefois, je fis surtout usage du protoxyde d’azote, comme étant plus agréable à respirer que l’éther-....
« La découverte que j’ai faite, ne consiste donc pas uniquement dans l’emploi de l’inhalation de l’éther, mais dans le principe même qui établit possibilité de la production d’état d’insensibilité, par l’usage de divers agent tels que gaz protoxyde d’azote, vapeur d’éther sulfurique, etc.
« Je produirai incessamment toutes les pièces qui établissent, d’une manière irrécusable, que cette découverte m’est due ; mais, en attendant, j’ai voulu annoncer à l’Académie des Sciences le droit que je fais valoir, afin qu’elle ne se hâte pas de prononcer sur le véritable inventeur, avant d’avoir entendu les témoignages. "

Malheureusement pour lui, seule la Société des médecins de Paris le reconnut mais il ne le sut jamais car il s’était suicidé avant de l’apprendre.


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