CLub de l'Histoire de l'Anesthésie et de la Réanimation

Traité de la Saignée

Cazalaà Jean-Bernard

Présentation rédigée par Cazalaà Jean-Bernard

Edité par : Debure l’Aîné
Numérisé par : CHAR
  mise en ligne : samedi 24 mai 2008


Traité abrégé de la saignée( 1765)
5E édition 1765)

Le Dr Jean Louis Bourgain nous a permis de consulter un de ses livres :
Le Manuel des dames de charité,
ou formules de médicaments faciles à préparer dressées en faveur des personnes charitables, qui distribuent les remèdes aux pauvres dans les villes et les campagnes
Avec
un traité de la saignée
édité à Paris
chez Debure l’aîné, quai des augustins à l’image S Paul.
M DCC LXV (1765)
Ce traité de la saignée comporte 78 pages. Nous vous en avons réservé quelques extraits. Les textes entre crochets [ ] sont des résumés, les textes entre guillemets «  » sont des extraits du traité. Afin de faciliter la lecture nous donnons la définition de certains mots d’après « Le dictionnaire portatif de médecine, d’anatomie, de chirurgie, de pharmacie, de chymie, d’histoire naturelle, de botanique et de physique » de J. Fr. Lavoisien édité par Didot Le jeune à Saint Augustin en 1771.

La saignée en 1765
(Extraits du traité des saignées des Dames de la charité)

Préambule

« C’est tomber dans l’excès, que d’attribuer presque toutes les maladies à la plénitude du sang, & en conséquence de saigner à outrance. On doit donc se défier de ces gens qui saignent toujours, & ne savent rien de plus. »
Fridericus Hoffmannus De vene sectionis abusu, tome V page 140, $ 11

Règles à observer, pour placer comme il faut les différentes saignées dans tous les cas de pratique, suivant les vraies indications,

Article I . Combien il y a d’espèces de saignée,

[Les saignées artérielles sont exceptionnelles en raison des complications qu’elles entraînent et ne sont licites que si elles sont faites en temporal ou derrière les oreilles.

Les saignées en fonction du site de la maladie ne sont plus licites depuis la découverte de la circulation.]

« Au reste la saignée, de quelques veines qu ‘elle se fasse, a coutume d’être pratiquée pour 3 fins ; premièrement pour diminuer la plénitude du sang, & désemplir les vaisseaux trop gonflés ; & alors elle s’appelle évacuatrice.

Secondement, afin que le sang qui dilate violemment quelque partie, qui l’enflamme & l’accable, en soit retiré & ramené ; & alors on la nomme révulsive.

En troisième lieu, pour faire aborder le sang plus abondamment & plus promptement dans quelque partie, de manière qu’il emporte comme un torrent tous les embarras qui s’y sont formés ; & alors c’est ce qu’on appelle saignée dérivative. »

Article II. De l’utilité de la saignée évacuative,

« Cette saignée se réitère, jusqu’à ce que la masse du sang soit réduite à sa juste mesure, qui doit être estimée différemment, suivant l’âge, le sexe, le tempérament, le régime de vivre, & la force du corps. ».

Article III. De l’utilité de la saignée révulsive,

« … il faut avoir égard à la révulsion1, c’est à dire, qu’il faut tirer du sang des parties les plus opposées à l’endroit qui est affecté. Ainsi quand les parties supérieures qui reçoivent le sang de l’aorte ascendante, ou qui sont au dessus du diaphragme, sont malades, il faut ouvrir les veines des pieds ; quand au contraire les parties inférieures, c’est à dire, celles qui sont situées en dessous du diaphragme, & qui reçoivent le sang de l’aorte descendante, sont affectées, il faut ouvrir les veines du bras ; enfin si le côté droit ou gauche de la poitrine est enflammé, comme dans la pleurésie, il faut saigner le bras opposé au côté malade. »

Article IV. De l’utilité de la saignée dérivative

« Il en est de cette saignée comme d’une écluse qu’on lèverait sur un fossé qui aurait de la pente, & qui serait plein d’immondices ; l’eau en venant rapidement par derrière, ne manquerait pas d’entraîner & de balayer toutes les saletés qui s’y serait amassées. C’est ainsi que dans la suppression des mois2, si l’on ouvre la saphène de l’un des pieds, le sang, qui descend de plus faut est incontinent dérivé plus copieusement & plus promptement vers la matrice qui se rencontre sur sa route ; & que par sa subite affluence il procure d’ordinaire les règles paresseuses & engourdies. De même, la saignée de la gorge, après quelques saignées du pied préalablement faites, réussit assez souvent dans les engorgements du cerveau… »

Article V. Quels sont les cas qui permettent ou défendent la saignée

« D’abord ce qui indique ou permet la saignée évacuatrice, c’est :
la quantité de sang augmentée, accumulée, …qui gonfle les vaisseaux, ralentit la circulation & ses sécrétions.
La trop grande raréfaction du sang…
L’accablement, la distension, l’inflammation de quelque partie…
Une hémorragie opiniâtre, soit du nez, ou de la matrice, ou des hémorroïdes, qui montre que les vaisseaux sont crevés par l’extrême abondante du sang qui y aborde….

la suppression de quelque évacuation habituelle, comme celle des règles…
La cacochymie3 qui demande une circulation du sang plus libre, plus rapide afin que les parties nuisibles…se brisent…se séparent …se dissipent insensiblement par les pores de la peau.

La nécessité de préparer un vuide4 dans le corps, afin que les remèdes …puissent être admis plus aisément..

L’habitude de se faire tirer du sang dans des intervalles réglés »
« Ce qui démontre que la saignée révulsive est nécessaire, c’est :
La tension, la douleur, l’oppression, la contraction convulsive, l’inflammation, l’abcès de quelque partie.

Une partie du sang qui coule d’un endroit déterminé, comme de la matrice, du poumon, du nez : car il est également nécessaire, non seulement de diminuer la trop grande quantité de sang, mais encore de détourner ailleurs le plus promptement & le plus efficacement qu’il est possible, par le moyen de la révulsion, le sang, qui coule trop abondamment & trop impétueusement dans certains vaisseaux. »

« Ce qui demande la saignée dérivative, c’est la suppression d’un écoulement de sang, soit naturel, comme le flux menstruel, ou devenu comme naturel par l’habitude, comme le flux hémorroïdal. »

« En second lieu, les cas qui permettent la saignée copieuse & fréquente, si les indications l’exigent, sont :
- Un âge vigoureux, jeune & florissant ;
- Une vigueur entière des forces ;
- La couleur de la peau, sur-tout du visage, fleurie & vermeille ;
- La chaleur répandue également dans toute l’habitude du corps ;
- Un pouls égal, plein, fort ;
- Une vie délicate & somptueuse par rapport aux viandes & autres mets de bon suc & fort nourrissant ;
- Une vie sédentaire, paresseuse, oisive ;
- Des viscères sains, libres, mollets, & exempts de toute dureté squirreuse 5 ;
- Enfin la connaissance du tempérament du malade… »

« En troisième lieu, on doit au contraire au contraire ou omettre absolument la saignée :
- Si l’âge est caduc, comme dans les vieillards décrépits ; ou trop tendre, comme les petits enfants ;
- Si les forces sont faibles par une constitution naturelle, ou épuisées par une maladie précédente, par les plaisirs, les veilles, ou par des exercices immodérés
Si la peau, particulièrement du visage, est pâle, ou teinte d’une bile jaune, verte ou noire ;
- Si les extrémités du corps sont froides, …
- Si le pouls est faible, rare, mou, inégal, intermittent ;
- Si le régime de vivre est frugal, comme de poisson, de légumes, de fruits ;
- Si l’on mène une vie dure, pauvre &laborieuse ;
- Si différents viscères se trouvent obstrués, engorgés, tuméfiés, squirreux ;
- Enfin si le malade est d’un tempérament infirme, usé & nullement accoutumé à la saignée… »

Article VI. Quelles sont les précautions nécessaires pour la saignée,

« On ne doit tirer du sang que loin des repas, & quand l’estomac est vuide…néanmoins si la maladie est pressante, comme une grande inflammation, une apoplexie, une suffocation considérable, une chute grave, une forte contusion, à quelque heure que ce soit, il est permis d’ouvrir la veine sans aucun délai. »

« Il convient aussi de faire précéder la saignée par un lavement….

Il faut bien se garder de saigner dans le frisson…

Il ne faut pas saigner les femmes dans le temps de leur règles…

La saignée est tellement utile aux femmes enceintes, qu’il en est peu à qui elle ne convienne, soit pour empêcher qu’elles ne se blessent, soit pour les guérir de plusieurs incommodités qui leur arrivent en ce temps-là….On saigne vers le troisième ou le quatrième mois c de la grossesse & ensuite vers le huitième ou le neuvième…il faut toujours saigner du bras & jamais du pied, …, parce que cette saignée attirant une plus grande quantité de sang dans la matrice, pourrait procurer l’avortement….Il faut remarquer que les saignées aux femmes enceintes doivent être petites…
Il a été reconnu par des observations réitérées, que l’on peut saigner avec sûreté dans les fièvres malignes…
Il faut toujours tirer du sang d’une grosse veine & par une large ouverture…
Si le patient appréhende la saignée, ou qu’il soit faible de complexion6, &qu’ainsi il soit en danger de tomber en syncope, on a coutume de le saigner couché dans son lit…
Si le sang coule trop lentement de la veine qu’on a ouverte, on pourra en accélérer le mouvement par la toux, l’éternuement, ou l’agitation des muscles du bras…
Au commencement de la maladie on doit faire les saignées plus copieuses, les forces étant entières...Néanmoins il ne faut jamais aller à plus de quatre palettes7, , ou d’une livre de sang ; il vaut beaucoup mieux réitérer la saignée plusieurs fois en un jour, si la maladie le demande, que de porter préjudice à la circulation…
Enfin il est permis au malade de s’endormir après qu’on lui ai tiré du sang, & même il convient qu’il dorme, s’il le peut, parce que rien ne renouvelle les forces plus promptement que le sommeil.

Article VII. Du manuel de la saignée.

Des qualités que doit avoir un chirurgien, pour bien saigner,

« avoir la vue bonne, la main ferme & assurée, le tact fin & délicat, & commencer de bonne heure… Il doit être prudent & sage, hardi sans témérité, & avoir une connaissance exacte des vaisseaux qu’il doit ouvrir… »

Des vaisseaux qu’on doit ouvrir,

L’ouverture des artères s’appellent artériotomie : on la pratique rarement, encore n’est-ce qu’à l’artère temporale. Celle des veines s’appelle phlébotomie : c’est celle qui est la plus usitée, & que l’on entend ordinairement par le mot saignée »

Des veines que l’on ouvre aux bras,

[description anatomique : céphalique, médiane, basilique et cubitale

Des veines que l’on ouvre aux pieds,
[description anatomique : saphène interne et saphène externe

Des veines que l’on ouvre à la gorge,

[description anatomique : veines jugulaires externes

Des lancettes,

« La lancette est l’instrument dont on se sert ordinairement pour saigner. On y considère en général la lame & la châsse, ou le manche. La lame est une espèce de lance d’acier bien trempé, très pointue, & tranchante sur les côtés. Elle a trois parties, la pointe, le milieu, & le talon. La châsse est faite de deux petites lames d’écailles assez minces, qui servent à conserver la lame. Plus cette châsse est simple, & moins elle est chargée d’ornements, plus elle est légère ; & par conséquent meilleure elle est….

La lancette à grain d’orge est celle qui ne commence à perdre de sa largeur que fort prés de la pointe, & vers le milieu du bruni.

La lancette à grain d’avoine a la pointe plus allongée que la précédente, & commence ordinairement à perdre de sa largeur au milieu du fer, & se termine en une belle pointe.

La lancette en pyramide, ou la langue de serpent, diminue en largeur dès sa base, & se termine en une pointe très allongée, très fine et très aiguë. On ne sert de celle-ci que pour des vaisseaux extrêmement fins & très profonds »

De la manière d’ouvrir les vaisseaux,

« On peut ouvrir la veine de trois manières ; ou suivant la direction des fibres longitudinales, ou transversalement, ou obliquement…on distingue deux tems dans l’ouverture d’une veine, celui de la ponction, & celui de l’élévation. Le tems de la ponction est celui que l’on met à faire le chemin de dehors en dedans du vaisseau , & à percer avec la pointe & les deux tranchans de la lancette les tégumens & le vaisseau.. Le tems de l’élévation est celui que l’on emploie pour retirer la lancette de dedans le vaisseau, en faisant avec le tranchant supérieur une petite élévation afin d’agrandir l’ouverture du vaisseau & des tégumens… »

De la saignée au bras,

« Il faut préparer une bande, une compresse, un verre d’eau, ou du vinaigre, ou quelque eau spiritueuse, pour faire revenir le malade, en cas qu’il lui survienne une faiblesse….

Il faut des palettes pour recevoir le sang…

Si la lumière du jour n’est pas suffisante, on fait allumer une chandelle, que l’on donne à tenir à un assistant….

On a une ligature de drap écarlate, qui ne soit ni trop fin , ni trop gros, dont on se sert pour faire gonfler les vaisseaux…

Après ces préparatifs le chirurgien doit mettre son malade dans une situation commode….
[ suit une description très détaillée de la technique (8 pages)°]

De la saignée du pied,

« Il faut asseoir le malade dans un fauteuil, ou sur le bord de son lit…
On a un chaudron, ou un sceau de faïence plein d’eau d’une chaleur supportable, dans laquelle on met les pieds, pour faire raréfier le sang, & gonfler les vaisseaux
[ suit une description très détaillée de la technique °]

De la saignée à la gorge,

« On fait asseoir le malade sur le bord de son lit ou dans un fauteuil…
On garnit l’épaule & la poitrine d’une serviette en plusieurs doubles, & on applique la ligature de la manière suivante. On met sur les clavicules & sur la veine que l’on a dessein de piquer, une compresse épaisse. On fait deux tours autour du cou avec une ligature ordinaire, mais plus étroite, de manière qu’elle porte sur la compresse : on la serre légèrement, & on la noue vers la nuque du cou à deux nœuds, l’un simple, & l’autre en rosette ; on y passe un ruban ou une bandelette, dont les deux bouts tombent par-devant & vis-à-vis la trachée artère. Un serviteur tire les deux bouts de ruban, afin que la ligature circulaire ne comprime pas la trachée artère, & qu’elle se fasse sans effort sur les veines jugulaires externes, , principalement sur celle où est la compresse….
[ suit une description très détaillée de la technique °]

Accidents de la saignée

De la saignée blanche,

« On dit que le chirurgien a fait une saignée blanche, lorsqu’il a piqué sans avoir de sang….Cet accident effraie ordinairement beaucoup le malade, & sur-tout les femmes ; mais il ne doit pas déconcerter un chirurgien, qui doit lui représenter qu’il y a souvent de la prudence à manquer une saignée, &qu’il aime mieux la manquer que de courir le risque de la manquer… »

De la syncope,

« on le fait coucher sur le dos, & on lui fait respirer quelque eau spiritueuse, ou du vinaigre bien fort ; ou on lui fait avaler un peu d’eau fraîche, &on lui en jette avec la main sur le visage, & il ne tarde pas à revenir. »

Des dépôts,

« Un effort que le malade aura fait avec son bras, la piquûre de quelques fibres aponévrotiques, la mauvaise qualité des humeurs, une lancette mal propre ou rouillée, peuvent occasionner à l’endroit de l’ouverture, ou aux environs, un dépôt

Du thrombus,

« Le thrombus est une tumeur formée de sang épanché & grumelé aux environs de l’ouverture de la veine…Cet accident au reste n’est pas considérable.On procure la résolution du sang épanché, en appliquant dessus une compresse trempée dans quelque eau spiritueuse, ou dans de l’eau commune, en mettant quelques grains de sel dans la duplicature.

Si , la tumeur venait à abcéder ; on y mettrait une petite emplâtre d’onguent de Mere8 ou un peu de Cérat de Galien, avec un cataplasme anodin par dessus, & on étuverait avec quelque eau spiritueuse. »

De l’ecchymose,

« L’ecchymose est une tumeur superficielle, molle, rouge, livide ou jaunâtre, produite par une infiltration de sang dans les vaisseaux lymphatiques de la peau ou de la graisse, ou par extravasion sanguinolente dans ces téguments… »

De la tumeur lymphatique,

« La tumeur lymphatique est une tumeur luisante & indolente, produite par un épanchement de lymphe, & qui ne change pas la couleur de la peau…Mais il arrive quelquefois que le vaisseau lymphatique ne se cicatrise qu’imparfaitement & il reste une petite fistule…Si la fistule persiste, il faut avec la pierre infernale cautériser & emporter les callosités de la plaie, & la réduire à une plaie simple… »

De la douleur & de l’engourdissement,

« On peut, en ouvrant ces veines, piquez ou couper un de ces petits cordons de nerf…. Pour apaiser la douleur, on frotte la partie avec un mélange d’huile d’amandes douces , d’huile de vers, & d’eau de vie. On remédie à l’engourdissement avec le baume de Fioraventi & l’huile de vers, que l’on mêle ensemble, & on en frotte la partie, après avoir fait chauffer le mélange. »

De la piquûre du tendon,

« Il peut arriver en saignant la médiane, que l’on pique le tendon du muscle biceps…Cet incident est des plus fâcheux pour le malade & des plus mortifiants pour le chirurgien….Lorsque la piquûre a été légère, cette douleur passe quelquefois, mais si elle continue, elle est bientôt suivie de gonflement, de tension, d’inflammation de toute la partie, de fièvre, de mouvements convulsifs, de dépôts, de gangrène ; en un mot de tous les accidents des plaies des parties tendineuses.

Si tôt qu’on aperçoit qu’on a eu la malheur de piquer le tendon, rien n’est plus pressé que de faire de fréquentes saignées à l’autre bras, afin d’empêcher les progrès du mal. On prescrit au malade une diète exacte, délayante & rafraîchissante. On couvre toute la partie d’un cataplasme émollient ou anodin, pour calmer la douleur & les autres accidents. Si ces moyens ne suffisent pas, on dilate la plaie, & on applique un plumaceau trempé dans de l’huile jaune ou rouge de térébenthine…Si malgré tous ces remèdes la mortification survenait, il n’y aurait point d’autre ressource pour sauver le bras, que de couper tout à fait le tendon. »

De la piquûre de l’aponévrose,

« Il est plus ordinaire de piquer l’aponévrose du muscle biceps. Le chirurgien s’en aperçoit par la résistance qu’il sent à la pointe de la lancette …& par la douleur que le malade ressent …Cet accident est ordinairement suivi d’une douleur vive au bras & à l’avant-bras, de gonflement, de tension, d’inflammation, …& d’abcès…
[le traitement est le même que pour la piqûre du tendon]

De la piquûre du périoste,

[Ils se produisaient au niveau de la saphène, ils étaient généralement bénin mais pouvaient aller jusqu’à l’ostéite…]

De la piquûre de l’artère,

« c’est un accident des plus graves ; …

Lorsque l’artère n’est qu’effleurée, le sang qui trouve en cet endroit moins de résistance, dilate & étend peu à peu les tuniques qui restent entières, & il se forme un anévrysme vrai….

Lorsqu’on a eu le malheur d’ouvrir …l’artère…, on s’en aperçoit à l’instant.

Un chirurgien dans ces circonstances ne doit pas perdre la tête. Dès qu’on reconnaît que le sang vient de l’artère, il faut le laisser couler jusqu’à ce que le malade tombe en syncope, & qu’il s’arrête de lui-même. Cependant si c’était à un femme grosse que cet accident fût arrivé, ou à quelqu’un qui tombât difficilement en faiblesse, il ne serait pas prudent de l’attendre.

[ suit un traitement par compression associé à une immobilisation, une saignée de l’autre bras et un régime exact… ! ! !]

De l’artériotomie

[Description de la technique qui ne se pratique que rarement et sur l’artère temporale]

En conclusion

Le traitement par saignée faisait partie de la grande triade thérapeutique des anciens : Purgare, Vomitare, Saignare » .

La découverte de la circulation en a modifiée les indications mais la saignée est restée un grand geste médical jusqu’à la fin du XIXème siècle.

Ses théories, sa pratique et ses complications avec leurs traitements peuvent nous paraître incroyables à notre époque. Si dans quelques cas d’œdème aiguë du poumon elle pouvait sauver, on ne peut s’empêcher de penser qu’elle a été plus délétère que bénéfique.