CLub de l'Histoire de l'Anesthésie et de la Réanimation

  • Articles scientifiques

  • Vassily von Anrep (1852-1927) : pionnier de l’usage de la cocaïne en anesthésie locorégionale.
  • Charles James Campbell, accoucheur parisien, ardent défenseur de l’anesthésie obstétricale en France.
  • Par le feu ou par le fer (Histoire des chirugiens français)
  • De « L’inconnue de la Seine » à Resusci Anne
  • Neuroleptanalgésie
  • La plus vieille pathologie du monde, la Kéraunopathologie (pathologies dues à la foudre)
  • Anesthesias Administered in the Hospitals of the State of New Jersey : A Survey. (1930)
  • LE MÉDECIN SPÉCIALISÉ EN ANESTHÉSIE (1942)
  • Fracture of the neck of the femur treated with a Smith Petersen nail
  • Place des ’préservatifs’ dans les épidémies
  • Apport de la deuxième guerre mondiale pour la transfusion sanguine
  • John Snow (1813-1858) premier médecin anesthésiste mondial.
  • Latta aux prémices de la réanimation
  • Les débuts de l’anesthésie au Québec (1608-1955)
  • Indications étonnantes de l’utilisation du chloroforme
  • Peter Safar - Histoire de la Réanimation Cardio Pulmonaire (RCP)
  • L’anesthésie anglaise dans une thèse française
  • Histoire de l’oxygéno thérapie inhalatoire jusqu’en 1940
  • Frolics Parties, histoire de l’usage récréatif du protoxyde d’azote
  • COVID 19 : la CPAP BOUSSIGNAC ® à l’honneur
  • Evolution des IADE 1945-2018
  • 20 ans de livres anciens d’anesthésie
  • Discussion session Sfar/Char du 20 septembre 2019
  • Les 20 ans du Club de l’histoire de l’anesthésie et de la réanimation
  • L’avenir de l’anesthésie française
  • Les progrès de la sécurité en anesthésie
  • Evolution des techniques de l’anesthésie générale de 1960 à nos jours.
  • Anesthésie Vétérinaire
  • Amygdales
  • Réanimation des noyés. Les clystères à fumée de tabac.
  • Histoire de la découverte de la circulation sanguine
  • La syncope de Champollion
  • Histoire des congrès de la SFAR
  • Paul Janssen et le R875
  • Un Samu à la montagne
  • Charles-Gabriel Pravaz (1781-1853), inventeur de la seringue ?
  • De Toulouse à Rennes
  • People et anesthésie
  • Le stéthoscope de Laennec
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  • Lavoisier et Laplace : leurs héritages pour l’anesthésiologie
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  • 1906 : une commission pour honorer Horace WELLS
  • Le cyclopropane : une aventure explosive et bénéfique ?
  • Le rôle déterminant des médecins dans la création de la médecine aéronautique pendant la grande guerre
  • La recherche fondamentale en anesthésie.
  • L’anesthésie-réanimation-transfusion pendant la première guerre mondiale
  • Histoire de la curarisation
  • Ils se sont opérés eux-mêmes sous anesthésie régionale.
  • Le SMUR : à « l’Est » également ...
  • Chemical warfare agents
  • Les armes chimiques
  • La contribution de Victor Pauchet à l’anesthésie locorégionale : Pauchet, Sourdat, Labat et les autres
  • F.A. MESMER : le dernier magicien du 18° siècle
  • Philip Raikes Bromage : 1920 - 2013
  • Livret des résumés des communications de la 29éme réunion scientifique du Char
  • L’anesthésie réanimation française en 1950 et en 1958
  • Médecine monastique
  • le R.P.R
  • Enfantement du paléolithique à nos jours
  • Premières anesthésies dans le monde
  • Hypnotisme et le Dr Knowles
  • Raimu dernière victime du chloroforme ?
  • Ces auteurs qui n’ont jamais existé : Student, N. Bourbaki et la figure emblématique de la référence erronée, O. Uplavici
  • Des effets physiologiques et therapeutiques des ethers
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  • Histoire de l’hyperthermie maligne de l’anesthésie
  • Histoire de l ??autotransfusion
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  • Hôtel-Dieu de Poitiers - Protocoles d’Anesthésie - 1936 - 1940
  • Histoire des injections intra-veineuses
  • La Peste à Lyon en 1628/1629
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  • Méthodes d’analgésie décrites par Pline l’Ancien
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  • D’Hippocrate à Maimonide, l’humanisme médical et la déontologie
  • Contribution de Claude Bernard à l’Anesthésie
  • Poids et mesures qui sont d’usage en médecine
  • Liberté des voies aériennes supérieures (1ère partie)
  • Naissance de l’anesthésie à Bordeaux
  • à propos de 80 anesthésies par inhalation d’éther
  • La noyade (extrait de La médecine des accidents)
  • Mort apparente due au chloroforme et choc électrique
  • Cyprien Oré : Découverte de l’anesthésie intraveineuse
  • L’Anesthésie rachidienne a cent ans
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  • Aspects actuels de l’anesthésiologie .
  • Premier congrès national d’anesthésie (Livret)
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  • Aperçus sur le développement de l’anesthésie chirurgicale à l’Assitance publique de Paris (1846-1965)
  • Les Aphorismes d’Hippocrate
  • Le choix de l’anesthésie au cours de la première guerre mondiale
  • Seishu Hanakoa (1760  ?? 1835)
  • Vie et mort d’Horace Wells
  • Arrivée de l’Ether en France, de Boston à la communication de Malgaigne..
  • L’histoire du mot « curare » : du mythe (Raleigh) à la réalité (Gumilla et La Condamine)
  • Le Pulmoventilateur du Pr. Charles Hederer.
  • La Transfusion sanguine pendant la Grande Guerre
  • Henri Laborit - un littéraire rebelle converti à la science.
  • Histoire et évolution de l’anesthésie pédiatrique
  • L’Hémospasie : Une technique d’anesthésie générale insolite


  • Articles connexes

  • Cyprien Oré : Découverte de l’anesthésie intraveineuse

    Traité d’anesthésie chirurgicale.

    Ethérisation.

    Anesthésie chirurgicale et obstétricale

    De l’insensibilité produite par le chloroforme et par l’éther et des opérations sans douleurs

    Naissance de l’anesthésie à Bordeaux

    Gallon Philippe

    date de publication : 1847

      mise en ligne : lundi 24 mars 2008




    C? ??est le samedi 16 janvier 1847, soit 4 mois jour pour jour après Boston, que François Chaumet  , chirurgien   à l? ??hôpital Saint-André de Bordeaux, fit la 1er anesthésie chirurgicale à l? ??éther, sur un jeune homme qu? ??il allait « tailler ». L? ??anesthésie permit l? ??abord périnéal et l? ??extraction de la pierre sans douleur. Une seconde anesthésie pour lithotritie fut en revanche un échec et il fallut s? ??y reprendre à 3 fois.

    François Chaumet   était chirurgien   major (chef de service) et professeur à l’école de médecine. Opérateur hors pair, il était membre correspondant de l’Académie de médecine. Il mourut en 1859 des suites d’une piqûre anatomique. Très estimé, la population de Bordeaux réclama pour lui la Légion d’honneur qu’il reçu « in extremis ». Une rue de Bordeaux porta son nom pendant 60 ans.

    Cependant, c’est un autre chirurgien  , Denis Puydebat qui eut, dans « le Mémorial Bordelais », les honneurs de la presse politique pour une intervention sous éther. Il s’agissait d’une amputation de cuisse chez un enfant de 15 ans. Après quelques minutes d’émotion due à « un état syncopal préoccupant », l’intervention se termina heureusement bien et ce fut un franc succès.
    Il est difficile de savoir comment Chaumet   eut l’information. Soit immédiatement après la communication de Malgaigne   du 12 janvier. Celle-ci imprimée le 13, pouvait être à Bordeaux le 15 (la diligence mettait 44h pour faire le trajet) et appliquée le lendemain 16? ?? Cela paraît un peu bref mais c’est possible. Soit un peu plus tôt, par correspondance directe entre parisiens et bordelais, mais il paraît peu probable car les chirurgiens de province attendaient l’aval des autorités parisiennes pour entreprendre de telles nouveautés.
    Ces « expériences sur l’inhalation de l’éther » eurent beaucoup de succès, à tel point qu’il fallut, le 19 février, que la direction des hospices rappellent aux règlements, à savoir que trop de curieux compromettaient l’ordre et la sûreté des opérations. Le 5 mars, l’hôpital achetait 3 appareils de Charrière pour la somme de 75 francs. Le même jour, il passait commande d’une nouvelle cloche d’appel pour la somme de 40 francs. Pour mémoire, le salaire d’un ouvrier était de 3 ou 4 francs par jour.

    Dès le début du mois de février, les protagonistes analysèrent et critiquèrent la technique d’administration de l’éther :

    - Magonty, un autre chirurgien   de Saint-André, pensait qu’il valait mieux utiliser un tube en verre buccal plus large pour permettre une admission d’éther plus grande.

    - Barnetche, obstétritien, pensait au contraire, qu’il le fallait plus étroit, pour avoir un jet plus puissant.

    - Chaumet  , quant à lui, disait qu’il faut « accoutumer le poumon à l’éther » par des essais préalables et savoir adapter le débit.

    - Jeannel, qui était un pharmacien militaire, critiqua l’appareil de Charrière acheté par les hôpitaux. Il trouvait que le flacon et les tuyaux étaient trop étroits et étaient à l’origine des accès de suffocation observés. Il préconisait de « faire arriver dans les poumons l’air chargé de vapeurs éthérées aussi librement que l’air pour la respiration normale, la trachée artère doit servir de modèle pour le calibre des tubes et soupapes ». Puis Jeannel porta ses critiques sur ceux qui donnaient l’anesthésie, en particulier les dentistes : « ne semble-t-il pas que la direction d’un agent si merveilleux et si puissant ne doive pas être confié au premier venu ? Quand on s’abandonne en sécurité en chemin de fer, ne sait-on pas bien que la locomotive n’est pas tenue par un cocher de fiacre ?? ?? Je demande que l’éthérisation soit considérée comme une opération médicale et qu’il soit défendu aux personnes étrangères à l’art de guérir, de la pratiquer? ?? ». Jeannel écrivait ceci le 28 mars 1847 !
    Au plan « philosophique », se sont les journalistes qui répondirent dans le quotidien « La Guienne » du 14 février, aux réflexions de Magendie. Ils posaient clairement la question :
    - l’anesthésie est-elle physiquement dangereuse ?
    « Et bien on verra à l’usage ».
    - L’anesthésie est-elle moralement dangereuse ?
    " Il en est de cette nouvelle découverte comme beaucoup de procédés qui sont les instruments du bien et du mal selon les personnes qui s ? ??en servent. L’opium (alors largement utilisé comme analgésique) produit la léthargie, faut-il proscrire l’opium ?
    Quelques mois plus tard, ce même journal posait la question de la douleur. La douleur était-elle utile ? Ce à quoi, il répondit : Oui, peut-être? ??pour certains :
    - pour les philosophes : « comme moyen le plus sur de s’élever, d’anoblir son âme »
    - pour la religion et ses martyrs : « à la recherche d’un dieu rédempteur »
    - pour les artistes : « qui y puisent leur génie dans une fièvre ardente »
    Mais il ne fallait surtout pas généraliser ! « pourquoi souffrir alors que la science a acquis une découverte si précieuse et l’humanité un bienfait de plus ».

    Le chloroforme est arrivé à Bordeaux à la fin de l’année 1847. La 1er trace que l’on en ait, est une anesthésie pour avulsion dentaire chez une fillette de 12 ans, au domicile du docteur Bancal. L’événement est rapporté par La Guienne du 8 décembre 1847. Sept personnes y assistaient : le dentiste, « l’anesthésiste » le docteur Bancal, le médecin traitant, le substitut du procureur du roi, un avoué, le pharmacien et le frère de la fillette. Tous, sauf Bancal, s’essayèrent au chloroforme et furent anesthésiés quelques instants sans problèmes. Un seul abandonna : l’avoué, qui était grippé. Et tous, ajoute le journal : « se livrèrent à une grande gaieté à l’issu de ces essais ».

    Bancal, qui était médecin chef de l’hospice des vieillards, anesthésiait allègrement ses patients pour sondage vésical. Il fut sèchement rappelé à l’ordre par l’administration, car il n’en avait pas averti les autorités et n’étant pas chirurgien  , il n’avait pas le droit, en principe, d’effectuer ces anesthésies.

    C’est le 10 février 1848, que La Guienne, rapporta l’accident d’anesthésie survenue à Londres sur Hanna Grener : « a succombé à une affection des poumons occasionnées par le chloroforme, mais aucun blâme ne peut être encouru par le chirurgien   ou par son aide ». Voilà pour les faits, mais le journaliste rajouta un commentaire sur le danger du chloroforme : « quoique d’un emploi simple et facile, le chloroforme est-il sans danger ? Telle n’est pas notre opinion. Le grand art consiste à savoir s’arrêter à temps dans les inspirations du chloroforme ».

    EN CONCLUSION

    On peut voir que si les réflexions d’ordre technique restent aux médecins ou aux chirurgiens, ceux-ci ont été bien silencieux sur les problèmes d’ordre social ou moral. Il est dommage que se soit les journalistes qui soulèvent les possibilités d’accident lors de l’inhalation du chloroforme. Cela se prolongera, d’ailleurs lors des discussions sans fins à l’Académie de médecine où la « cécité » de nombreux chirurgiens étaient évidentes devant les risques et les accidents dus au chloroforme.
    Bordeaux était, au XIX° siècle, une ville prospère et en pleine expansion, essentiellement grâce au commerce portuaire des vins et vers les Antilles. Le dynamisme de ses médecins fit qu’il n’y eut aucun retard dans la mise en place des nouvelles techniques. Cet esprit d’entreprise se traduira, pour notre spécialité, par la « découverte » de l’anesthésie par Cyprien Oré   en 1874, et pour la ville, par une mutation radicale du paysage médical avec la renaissance de la faculté de médecine et la construction d’une ensemble hospitalier qui perdurera jusqu’à une époque presque récente.

    BIBLIOGRAPHIE

    - Bulletin de la société de médecine de Bordeaux, bibliothèque de la faculté de médecine de Bordeaux- les quotidiens : La Guienne et le Mémorial Bordelais, bibliothèque municipale de Bordeaux.- Registre des délibérations des hospices de Bordeaux, archives départementales de Gironde.