CLub de l'Histoire de l'Anesthésie et de la Réanimation

PARTICIPATION A LA SEMAINE DE LA FRANCOPHONIE SCIENTIFIQUE 21-24 SEPTEMBRE 2021, BUCAREST

Simon Dominique

  mise en ligne : mercredi 13 octobre 2021




L’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) a organisé la Semaine de la Francophonie scientifique comprenant la 18e Assemblée générale de l’AUF, la 5e Conférence des Ministres de l’Enseignement Supérieur de l’espace francophone, le 60e Anniversaire de l’AUF, la 1re édition du livre blanc de la Francophonie scientifique ainsi que les 1res Assises de la Francophonie Scientifique.
Dans le cadre des 1res Assises, un appel à communications a été ouvert jusqu’au 15 juillet 2021. Une communication a été proposée : Création d’un réseau international de correspondants de la Société Francophone de l’Histoire de l’Anesthésie et de la Réanimation (SoFHAR). Le Conseil scientifique a retenu la communication dans le cadre de l’atelier disciplinaire : Sciences de la Santé, thème : Innovation universitaire le 09 septembre 2021. Cet atelier parmi 10 ateliers en parallèle formulait 3 questions :
– Comment former pour structurer des réseaux interprofessionnels entre santé, social et éducatif ? Quelles compétences pour les étudiants agents de transformation des pratiques de santé ?
– Quelles innovations pour renforcer le lien entre l’université et les structures de santé sur le terrain ? Comment former les patients et les populations quand les professionnels de santé sont absents ?
– Quel rôle pour la société dans les missions de l’université ? Quelles innovations de gouvernance et de plaidoyer pour l’université afin de la rendre plus socialement responsable ?
Les présentations ont été faites sur 2 journées les 22 et 23 septembre avec une restitution des 10 ateliers le 24 septembre.
L’atelier Science de la santé était animé par Dominique Porquet et Mohamed Adnaoui, président du CIDPHARMEF et les rapporteurs étaient Jean Luc Dumas du Comité International des Doyens et des facultés de Médecine d’Expression Française (CIDMEF), doyen   de la faculté de médecine de Bobigny et Michel Seve de la Conférence Internationale des Doyens des facultés de PHARMacie d’Expression Française (CIDPHARMEF), doyen   de la faculté de pharmacie de Grenoble.
Au cours de la première journée, l’atelier a été divisé en trois avec une séquence 1 de 9 communications, une séquence 2 de 6 communications et une séquence 3 de rapports et débats avec 5 experts. Cet atelier s’est tenu en présentiel et en distanciel avec la participation d’intervenants à Bucarest mais également à Conakry, Abomey, Yaoundé, Montréal, Lyon, Tours, Bamako et au Maroc. La retransmission sur les réseaux sociaux a permis le suivi par plus de 3000 personnes.
La deuxième journée, l’atelier a été divisé en deux séquences, l’une de 3 communications, la seconde de 3 communications suivies d’une table ronde avec Claudine Gay-Sorgo du Burkina-Faso, Mme Lamarre de Montréal, Charles Boleyn du Canada, le professeur Jean Lefebvre de l’Université Laval de Quebec, le professeur Rémy Gagnayre de Paris Sorbonne Nord, le Professeur Ahmed Mahery de Montréal et Laurent Chambaud, directeur de l’EHESP de Rennes.
Les sujets “à prendre en compte” dans les contributions étaient de différents ordres :
– Notions d’inégalités sociales et territoriales d’accès à l’éducation en santé
– Notion de responsabilité sanitaire universelle
– Notions de partenariats entre institutions et organisations
– Notion de fracture entre l’université et les pratiques de terrain.
Ainsi les Assises de la Francophonie scientifique proposent un cadre d’échanges et de réflexions autour des enjeux majeurs de la Francophonie scientifique. Les communications seront incluses dans les Actes des Assises. Les résultats de ces échanges, construits et formulés sous forme de résolutions stratégiques, viendront nourrir le plan d’action de la Stratégie 2021-2025 de l’AUF.

voici le texte de la communication

CRÉATION D’UN RÉSEAU INTERNATIONAL DE CORRESPONDANTS DE LA Société Francophone de l’Histoire de l’Anesthésie et de la Réanimation (SoFHAR)

Dr Dominique SIMON, secrétaire général de la SoFHAR
Dr Jean Bernard CAZALAA, président du CHAR

Résumé
L’anesthésie-réanimation française est une spécialité médicale récente créée en 1947 au sein de l’Université de Paris. L’évolution de cette spécialité n’a été en revanche un sujet d’étude qu’à partir de 1999, date de création du Club d’Histoire de l’Anesthésie-Réanimation (CHAR) qui a dès lors tenu des sessions régulières de travail. Ses membres, anesthésistes-réanimateurs universitaires ou non, médecins ou infirmier(e)s, lors de réunions nationales et internationales, ont mené une réflexion aboutissant à la création en 2015 de la Société Francophone de l’Histoire de l’Anesthésie et de la Réanimation (SoFHAR), constituée de membres représentatifs au niveau international en relation via le site internet www.char-fr.net. Des réunions internet ont lieu avec les membres, des contacts ont été pris avec les sociétés savantes médicales spécialisées des pays francophones. Le développement d’e-congrès, de communications via internet permet d’envisager des échanges plus intenses.

Les mots-clefs :

Histoire de l’anesthésie, réanimation et médecine d’urgence – CHAR – SoFHAR – réseau francophone international.

Le diagnostic :

Absence d’histoire francophone de la spécialité médicale d’anesthésie. Au sein des sociétés savantes d’anesthésie et de réanimation des pays anglophones existent des comités ou sections traitant de l’histoire de l’anesthésie. Des sociétés d’histoire de l’anesthésie ont été créées dans les pays anglophones, aux Etats Unis par exemple : l’Anesthesia History Association. Celles-ci publient leurs travaux dans des revues spécialisées : Journal of Anesthesia History. Une telle organisation n’existe pas au sein de pays francophones. Il n’y a pas non plus de structures équivalentes à la Wood Library - Museum of Anesthesiology située aux Etats Unis.

L’argumentaire :

Il est indispensable de mettre en commun les connaissances de chaque pays afin que soit reconnue au plan international l’histoire francophone de l’anesthésie-réanimation dans sa spécificité.

Bien avant la première anesthésie à Boston au Massachusetts General Hospital le 16 octobre 1846 et la diffusion des techniques en Europe, les chirurgiens et physiologistes français avaient participé au développement des connaissances pendant le XVIIIe et le XIXe siècle constituant les bases médicales à l’origine de cette spécialité. Lavoisier en particulier avec la découverte de l’oxygène en concurrence avec Priestley mais aussi Claude Bernard   considéré comme le fondateur de la médecine expérimentale. D’autres comme Paul Bert  , se sont illustrés par leurs recherches sur la pression atmosphérique et les gaz anesthésiants. Ces écrits et expérimentations sont à mettre en valeur dans le cadre des recherches actuelles.

La spécialité médicale ne s’est développée que tardivement en France à partir de 1947. L’organisation de l’enseignement s’est faite grâce à des personnalités comme Mrs Moulonguet, Baumann et Mme Nadia du Bouchet. Pendant la seconde guerre mondiale les cours étaient dispensés en Grande Bretagne sous la conduite de médecins militaires alliés. La création de l’Institut d’Anesthésiologie est un moment important pour l’enseignement à Paris. Les lois successives d’organisation des hôpitaux en 1958 ont permis la création de services et d’unités indépendantes d’anesthésie donnant ainsi toute sa place à cette spécialité.

C’est en 1999 que le Club d’Histoire de l’Anesthésie-Réanimation (CHAR) voit le jour : premier jalon mettant en valeur le passé récent de la spécialité. Au cours de ces années, le développement rapide des techniques et des méthodes conduit à un renouvellement constant et est le témoin d’un bouillonnement au cours des congrès et des réunions scientifiques.

Progressivement les réunions bisannuelles et les articles dans les revues scientifiques comme les Annales de l’Anesthésie Française, les Cahiers d’Anesthésiologie, puis Le Praticien en Anesthésie vont constituer un corpus important de textes. Des publications sur l’histoire de l’Anesthésie en plusieurs volumes voient le jour. Le travail se poursuit parallèlement par la constitution d’une collection d’objets anciens ou récemment réformés qui sont à l’origine du Musée de l’Anesthésie situé à Paris au sein du groupe hospitalier Pitié-Salpétrière. Dès 1999, pour améliorer la diffusion des travaux du CHAR un site internet est créé : www.char-fr.net. Il vient compléter les moyens du Club en reprenant les communications et est l’objet d’un intérêt important en raison des documents et vidéos qui y sont répertoriés ainsi que les matériels recensés. Le site est régulièrement consulté et de plus en plus depuis la pandémie due au Sars Cov 2.

En 2015 le Club, constitué principalement de membres médecins spécialistes de l’anesthésie, de la réanimation, de la médecine d’urgence mais également d’infirmiers et infirmières pratiquant l’anesthésie, a décidé de créer une nouvelle société : la Société Francophone d’Histoire de l’Anesthésie et de la Réanimation (SoFHAR) avec une vision internationale et un objectif francophone affirmé pour répondre aux besoins exprimés par différents partenaires, africains en particulier.

L’internationalisation du CHAR était déjà confirmée par la participation de certains de ses membres aux symposiums internationaux comme l’International Symposium on History of Anesthesia (ISHA) organisé tous les quatre ans à travers le monde : Cambridge 2005, Heraklion 2009, Sydney 2013, Boston 2017 et le Xe ISHA à Kobe en 2022.

Ce nouvel élan doit amener à une construction plus centrée sur le numérique avec la possibilité d’organiser des réunions via internet, des échanges avec les différentes sociétés savantes nationales ainsi que des e-congrès. Les travaux font l’objet d’une mise en valeur via le site internet.
La constitution de cette communauté scientifique est une contribution importante pour que le passé reste vivace et serve aux travaux futurs.

Les recommandations

La SoFHAR est une association à but non lucratif de droit français. Elle est constituée d’un Conseil d’Administration dont les membres sont issus de différents pays francophones et d’un bureau issu de ce même conseil. Le recrutement de membres doit être favorisé via les sociétés savantes nationales. Des membres de ces sociétés sont sollicités pour constituer le noyau de correspondants auprès de la SoFHAR.

Cette collaboration permet d’alimenter en documents et communications le site internet.
Des réunions via internet, vidéos, e-congrès permettent de valoriser les travaux des membres des sociétés nationales.

La constitution de cet ensemble francophone va servir à mettre en valeur les travaux souvent oubliés au sein de la communauté internationale.